Fukushima et nous

Rédigé par Boucane, le 6 avril 2011

Alors que les conséquences de la catastrophe de Fukushima semblent de plus en plus graves, que la pollution radioactive s’étend dans les nappes d’eaux souterraines, dans l’eau de mer et sur les sols du pays, on est en droit de se demander si nos installations nucléaires sont réellement sécuritaires, comme on nous le certifie.

L’article paru dans Le Monde, le  26 mars dernier, intitulé « Fukushima, silences coupables » fait état de l’étroite collusion entre la haute administration (gouvernementale), les agences de surveillance, les constructeurs de centrales et les opérateurs.

Il apparait évident, suite à la lecture de cet article, que cette catastrophe n’aurait jamais dû se produire et que la centrale aurait dû pouvoir faire face au séisme et au tsunami qui a suivi. Selon l’article, « Deux ingénieurs de Toshiba qui ont participé à la conception de la centrale de Fukushima, cités par le quotidien Tokyo Shimbun, estiment qu’un « risque trop bas » a été retenu comme base de calcul…

…Un ancien ingénieur de Toshiba, qui témoigne anonymement, est plus direct : « Ce n’est pas à une catastrophe naturelle que le Japon est confronté, mais à une catastrophe provoquée par l’homme. »

Sommes-nous mieux protégés au Canada. Pas si sûr. Cet article issu de la Presse Canadienne et publié sur Cyberpresse, le premier avril, nous montre bien la proximité incestueuse entre le politique et l’industrie nucléaire.

Vous vous souvenez probablement de cette patronne de la Commission de sûreté nucléaire qui avait été congédiée après avoir refusé l’autorisation du redémarrage de la centrale de Chalk River, madame Linda Keen (le ministre Gary Lunn appelait ça de la mauvaise gestion, du manque de leadership). Elle nous apprend que le ministre « plaçait vraiment l’industrie avant les agences de régulation ».

À regarder la fébrilité de l’activité des lobbyistes dans le dossier des gaz de schiste dans cet article du Devoir et le blâme sévère du commissaire au développement durable envers le laxisme de gouvernement Québécois(consultez ce texte), on ne peut pas s’empêcher de faire un lien et de constater  l’influence néfaste de l’industrie sur les décisions gouvernementales.

Quand on soumet les agences de régulation aux intérêts de l’industrie, automatiquement, on met en péril la sécurité publique et on peut craindre un accident en tout temps.

Qu’un incident  arrive, et on le taira, si c’est possible (combien de déversements n’ont pas été signalés à la centrale  Gentilly 2, parce qu’ils étaient « sans importance »?. Qu’un accident tragique survienne et on dira, comme on le fait ailleurs, qu’on ne pouvait pas le prévoir, que toutes les mesures avaient été prises, mais le mal sera fait et il se paiera des millions en avocaseries pour démontrer que les responsables ne l’étaient finalement pas.

On vous a certainement dit que le risque zéro n’existait pas. Dans le cas de Gentilly 2, face à la gravité des impacts que pourrait avoir un accident, on peut facilement en venir à un risque zéro en ne la rouvrant pas, tout simplement.

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~ par Sept-Îles sans uranium sur 6 avril 2011.

 
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