Uracan au Havre St-Pierre

Mercredi, le 16 juin, Uracan entamait sa campagne locale de relations publiques en invitant les journalistes de la région à visiter son site d’exploration un peu au Nord de Baie Johan Beetz, site que notre député n’a pas pu visiter, il y a quelques semaines à peine, « pour des raisons de sécurité » affirmait monsieur Yvan Loubier, relationiste engagé par Uracan assurant que la compagnie n’a jamais tenté d’interdire l’accès au site.

Sept-Iles sans Uranium s’était rendu sur place, question de bien faire comprendre à Uracan et monsieur Loubier que la majorité de la population locale n’appréciait pas l’exploration uranifère et encore moins les perspectives d’exploitation sur le territoire qu’ils occupent et que Sisur serait là pour contrer les efforts de relations publiques d’Uracan. Rencontre polie et apparemment conviviale devant les caméras entre M. Loubier et Marc Fafard, porte-parole de Sept-Îles sans URANIUM, premier échange en face à face après une communication téléphonique moins agréable où M. Loubier avait trouvé impolie la démarche de Marc Fafard qui avait tenu à l’aviser de sa présence lors du lancement de cette campagne de « séduction » qu’Uracan lancerait.


Marc Fafard rencontre Yvan Loubier devant l'édifice Pélagie Cormier à Havre St-Pierre ( Photo Sisur libre de droits)

Marc Fafard, porte-parole de Sisur rencontrait monsieur Loubier devant l’édifice Pélagie Cormier près de la marina de Havre St-Pierre, mercredi matin. Photo:Sisur (libre de droits)

Quelques instants plus tard, M. Loubier ne se privait cependant pas pour accuser les opposants à l’exploration et à l’exploitation de l’uranium sur la Côte-Nord d’avoir dit n’importe quoi, d’avoir semé une panique injustifiée avec propos non-fondés.

Dans une longue entrevue diffusée la veille à CILE, la radio locale de Havre St-Pierre, monsieur Loubier assure que l’exploration et l’exploitation de mines d’uranium ne présentent aucun danger pour la santé, qu’on « n’a pas pu établir de liens » entre l’exploitation de l’uranium et des effets sur la santé. « Il n’y a aucun danger pour la santé à faire de l’exploration ou de l’extraction d’uranium » répète-t-il encore pour rassurer la population locale et il ajoute : « Sans l’uranium, la détection des cancers et le traitement des cancers ne pourrait pas se faire », il parle ensuite de l’irradiation des aliments et soutient que l’uranium ne produit pas de gaz à effet de serre. Une série d’affirmations qui sont fausses ou inexactes ou incomplètes, à tout le moins.

Dans plusieurs de nos articles précédents, nous avons bien démontré que l’extraction de l’uranium est à la source de dangereuses contaminations de l’eau, tout autour du site d’exploitation et sur plusieurs kilomètres, les exemples sont nombreux.: En France, au Colorado, au Nouveau-Mexique, au Nigéria, à Elliot Lake(dans un article à venir); en fait, ça se résume à ceci: partout où il y a extraction d’uranium, il y a contamination radioactive.

L’Institut National de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, l’INRS(France) décrit bien le processus qui amène cette contamination:

augmentation des concentrations en uranium et en radium dans les eaux de surface et dans les sédiments, provoquée par la dissolution des constituants des matériaux stockés en surface par les eaux de pluie ou de ruissellement, ainsi quepar l’écoulement des eaux venant des galeries ennoyées. Ce phénomène, quiaffecte naturellement les roches et les minerais avant toute exploitation, se trouverenforcé dans le contexte minier car :

  • 1) la disposition de ces matériaux en surfacefavorise leur exposition aux eaux météoriques ;
  • 2) les caractéristiques physiques desmatériaux ont été modifiées par l’activité minière (effets du concassage, dubroyage…), favorisant la circulation et l’action de l’eau sur les matériaux. Surcertains sites, les caractéristiques des eaux collectées nécessitent un traitementavant de pouvoir être rejetées vers l’environnement. Plusieurs stations detraitement de l’eau sont encore aujourd’hui exploitées par AREVA. Malgré cestraitements, les rejets d’eau hors de certains sites peuvent conduire à uneaugmentation de la radioactivité des cours d’eau en aval, ainsi qu’au dépôt de sédiments contenant des substances radioactives, au fond des plans d’eau ou sur les berges.

Diagramme illustrant les processus de contamination autour des ines d'uranium


document disponible ici

Pour ce qui est de l’effet sur la santé de l’exposition à ces matières, toxiques tant au niveau radioactif qu’au niveau chimique, beaucoup d’études ont été faites et les preuves sont établies et reconnues un peu partout à travers le monde (sauf au Canada et dans les pays souffrant de sous-développement chronique). Encore que…je vous invite à lire le triste témoignage d’une femme d’Elliot Lake A Daughter of Radon Remembers dont le père qui travaillait dans une des mines d’uranium d’Elliot Lake est décédé d’un cancer du poumon après plusieurs années d’exposition aux substances toxiques de son environnement de travail. Il lui aura fallu plusieurs années de lutte avant d’obtenir une reconnaissance de la cause de son cancer par la Workmen’s Compensation Board (WCB), l’équivalent de la CSST, ici, au Québec, et qui est décédé tout juste après cette reconnaissance.

L’article est en anglais et nous ne nous ommes pas hasardés à le traduire. Les faits se sont déroulés dans les années 70 et on ne peut s’empêcher de faire un lien avec la reconnaissance de l’amiantose qui avait causé la mort de tant de travailleurs québécois dans le mines d’amiante. On se souvient encore de toute la résistance de l’industrie qui argumentait que l’amiante n’avait rien à voir dans la maladie de ces travailleurs et de ces médecins et scientifiques à leur solde qui étaient là pour les appuyer. Aujourd’hui, près de 35 ans plus tard, plus personne ne doute des effets nocifs de l’amiante mais il aura fallu des centaines de morts prématurées de travailleurs et de simples gens avant qu’on en arrive là… au fait, je ne me souviens pas avoir entendu parler d’un investisseur, d’un grand patron ou d’un politicien qui soit mort des suite de l’amiantose… peut-être avaient-ils raison; l’amiante, effectivement, ne représentait aucun danger (pour eux, bien entendu).

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~ par Sept-Îles sans uranium sur 28 juin 2010.

Une Réponse to “Uracan au Havre St-Pierre”

  1. Étonnant ce lien, non ? Les Aborigènes n’en veulent pas, mais les Québécois l’auront…

    http://www.rue89.com/2010/08/14/en-australie-des-aborigenes-en-ont-assez-des-mines-duranium-162293

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